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Un verre de folie douce

Publié le par Lettres à l'amer

Le portrait est achevé, le monde entier pourra bientôt distinguer ce que je vois de tes traits. Ce sont de beaux traits, mais j'ai bien peur que personne ne saisisse bien à quel point ils sont importants. Pour mon regard avisé, tes couleurs vibrent ; un plaisir pour mon coeur. J'aimerais les saisir ici, les capturer, les presser si fort qu'elles redeviendront liquides. Voilà une essence que je me dois de rajouter à la mienne, généreusement, si j'espère rendre le mélange doux, léger et frais.

Je veux me verser sans fin ce vert précieux et si doux. Saveur délicieuse d'un respect sans faille. Je me plais à la goûter encore, et encore, jusqu'à être ivre de joie. J'y plonge mes yeux, et par eux, mon âme entière, sans aucune crainte ; je pourrais bien avoir peur du vide, ça n'est pas là que j'en trouverais.

J'aime l'accord parfait de cette voix cristalline, et ce chant libérateur. Les mots courageux qu'il porte ont délié ma langue et mon corps, relancé cette ascension que je trouvais insurmontable. C'est une vague qui roule et heurte mes eaux sans s'y briser, elle s'y mélange dans une volonté mutuelle de s'étendre, et nous traçons tout droit vers des paysages plus grand et plus doux.

Côte à côte, nous dessinons des aubes plus roses, nous tissons des couchants plus roux, sculptons des ciels plus bleus. Nos rires s'écoulent dans une cascade géante et sans doute inépuisable. Au fond de ma bouteille j'ai stocké nos souvenirs, provisions indispensables à mon voyage. Ainsi tu m'accompagnes à chaque heure, précieux porte bonheur.

Je ne souhaite rien de plus que continuer notre route dans le creux du lit de cette douce rivière. Je t'aime.

Publié dans Portraits liquides

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De l'eau dans la vapeur

Publié le par Lettres à l'amer

Deux mains se tendent l'une vers l'autre, s'effleurent à peine, et nous voilà déjà deux, seuls en piste. Tu es là, pétillante, ton être si près du mien, dont je ne sais que faire. Je porte craintes et envie autour du cou, étaux d'une douce appréhension, celle qui sait déjà que tout ira bien.

Je resserre mon étreinte sur toi qui es si souple et assurée, acérée, une créature fougueuse qui sait sa poésie comme son danger. La gêne forme une épaisse fumée ; je connais cette tête qui hoche et le balancement de ce corps fin, mais dans la fraicheur de ce soir je te découvre toute autre, comme pour la première fois.

Un pauvre tour, premier pas timide des amants inexpérimentés. Déjà autour, le monde s'efface. Un encouragement flotte jusqu'à nous, et surtout jusqu'à moi, car tu vibres d'impatience, tu m'entraines, confiante, dans cette danse où tu es reine. Le souffle de ta voix nous entoure et me caresse ; un voile de feu est jeté.

Un lien frais et brûlant se tisse pas à pas, vacillant et déjà si chaleureux. On ose à la fois tout et si peu. Au creux de cette bulle enflammée mon univers se vaporise, s'élève, se condense et retourne à l'onde, dans un cycle délicieusement infernal.

L'instant meurt comme toujours, mais demeure tout le jour. Pour l'heure je retourne à mes songes, mais j'affirme sans mensonge que j'attends notre prochaine rencontre, peurs défaites et peau cachée.

Publié dans En ébullition

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