Un verre de folie douce

Publié le par Lettres à l'amer

Le portrait est achevé, le monde entier pourra bientôt distinguer ce que je vois de tes traits. Ce sont de beaux traits, mais j'ai bien peur que personne ne saisisse bien à quel point ils sont importants. Pour mon regard avisé, tes couleurs vibrent ; un plaisir pour mon coeur. J'aimerais les saisir ici, les capturer, les presser si fort qu'elles redeviendront liquides. Voilà une essence que je me dois de rajouter à la mienne, généreusement, si j'espère rendre le mélange doux, léger et frais.

Je veux me verser sans fin ce vert précieux et si doux. Saveur délicieuse d'un respect sans faille. Je me plais à la goûter encore, et encore, jusqu'à être ivre de joie. J'y plonge mes yeux, et par eux, mon âme entière, sans aucune crainte ; je pourrais bien avoir peur du vide, ça n'est pas là que j'en trouverais.

J'aime l'accord parfait de cette voix cristalline, et ce chant libérateur. Les mots courageux qu'il porte ont délié ma langue et mon corps, relancé cette ascension que je trouvais insurmontable. C'est une vague qui roule et heurte mes eaux sans s'y briser, elle s'y mélange dans une volonté mutuelle de s'étendre, et nous traçons tout droit vers des paysages plus grand et plus doux.

Côte à côte, nous dessinons des aubes plus roses, nous tissons des couchants plus roux, sculptons des ciels plus bleus. Nos rires s'écoulent dans une cascade géante et sans doute inépuisable. Au fond de ma bouteille j'ai stocké nos souvenirs, provisions indispensables à mon voyage. Ainsi tu m'accompagnes à chaque heure, précieux porte bonheur.

Je ne souhaite rien de plus que continuer notre route dans le creux du lit de cette douce rivière. Je t'aime.

Publié dans Portraits liquides

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