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Cocotte minute

Publié le par Lettres à l'amer

Je ne peux rien partager sans que vos esgourdes sifflent. Vous bouchez vos oreilles et l'impact de ma voix, qui me revient en pleine poitrine. C'est chaque fois le même coup dur qui me renvoie dans ma coquille ; une paroi de métal, que j'aime, et que vous me reprochez sans me donner l'envie de m'en passer.

Un flot de peine noie mon cœur quand vous me poussez dans cette boite en ignorant son nom. Elle est le berceau de mes pensées, le lit d'un bouillon qui ne demande qu'à être goûté. Pourtant j'ai verrouillé le couvercle depuis longtemps, car vous renâclez à l'odeur sans me laisser annoncer la couleur.

La pression monte à chaque tentative pour quitter mon cocon de fer, tour à tour refuge et prison. Cette sensation d'étrangeté m'ébouillante. Dans ma cocotte minute j'ai l'impression d'être en orbite autour d'une planète étrangère. Pur produit de la terre dans une station spatiale, une expérience sur la soupe où je baigne.

Il faudra que je m’ouvre dans une cuisine ouverte ou éclater, vous éclabousser d'une incompréhension nouvelle : ces ingrédients étaient si bien cachés. Vous serez surpris de tout ce que vous avez refusé de rencontrer dans ce potage. La tempête fait rage par instant, si proche mais tenue si loin, cognant sans bruit contre les bords froids et brûlants.

Publié dans Dans le bain

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Nation trépas

Publié le par Lettres à l'amer

Faut-il percer des crânes pour ouvrir les esprits ? Une fracture ouverte pour que vos pauvres cervelles moroses goûtent à l'air libre. Ces entraves déchainent ma frustration. Je pète les plombs au lieu de vous les mettre dans la tête. Leur poids dans mon moral m'entraine vers le fond.

Je plonge dans un océan de solitude plutôt que de danser dans ce que vous prenez pour un feu de joie. Je veux éteindre ces flammes qui brûlent mes entrailles et le monde autour de moi. Elles lèchent vos visages, crépitent, claquent comme vos langues acérées, acerbes. Vos paroles mordent la chair et déchirent les vies avant même qu'elles commencent, vous perpé-tuez une dictature qui vous enserre.

La langue bien pendue pour ces humains qu'on exclut. Je veux la tirer pour décrocher ces kilos de peines qu'elle crache. Vos baisers ont un goût amer, à me donner le mal de la mer. Le sang coule rouge et je m'embourbe dans cette marée de pensées noires.

Du fond des abysses et de mes pensées, je souffle une nuée de bulles. J'aimerais qu'elles éclatent à la surface pour faire sauter les liens qui nous empêchent d'être, libres et heureux. Mais d'ici je ne peux voir qu'un vague remous. On ne peut ni me voir, ni m'entendre, quand bien même je flotterais à la surface, petit être solitaire dans une bouteille en verre.

Publié dans Dans le bain

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