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4 articles avec en ebullition

Lit, thé, ratures

Publié le par Lettres à l'amer

Cloué'e au lit, je ne suis le sauveur ni de moi, ni de personne. Abîmé'e au fond des draps, je contemple la marée montante des contres à dictions, peuple bavard et bruyant qui peuple mon esprit. Leurs voix montent et se mélangent, m'assourdissent et m'accuse.

Je suis très entouré'e et infiniment seul'e, j'ai besoin d'aide et de toujours plus d'excuses pour la refuser, je détourne l'attention et je prie pour qu'on me remarque, mais je suis loin, très loin, perdu'e quelque part dans ce trou sombre, ce terrier au fond de moi, devenu froid avec le nombre des années. Je suis hostile à moi m'aime. Je ne sais ni écrire, ni parler, je ne sais que conter des histoires sur cet être qui se présente comme moi et qui n'est rien, juste une ombre projetée, car moi pourri dans le noir.

Un temps tu sais j'ai cru que je savais le chemin pour quitter cet endroit quand il était pire que le dehors. Mais les cerveaux humains oublient, inévitablement. Je reste là avec cette peine perdue et retrouvée.

Je fais des efforts immenses et imperceptibles pour être un peu plus ce dont tu as besoin sans que tu saches que je me trahi à chaque instant. Consciencieusement, je plante des milliers d'aiguilles dans ma chaire vive, mais la vie qui jaillit de mon petit jardinage me quitte goutte à goutte.

Vider des bouteilles pour les jeter à la mer ? Ca n'est mon genre qu'en image, mon corps refuse de bouger ou de s'accrocher à l'espoir du rivage. J'ai la tête vide et saturée de pensées, de cris, de souffles, comment aurais je la force de me battre pour un rêve impalpable ? J'ai écrit trop d'appels à l'aide jamais captés, jamais lancés.

Je hurle et personne n'entendra, depuis mon bocal sous vide où je n'attends plus que la date de péremption.

Publié dans En ébullition

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Un non joyeux anniversaire

Publié le par Lettres à l'amer

Un non-joyeux anniversaire. A qui ? A moi. Ah bon ?

Un non-joyeux anniversaire.

C'est le jour de la piqûre de rappel, j'ai eu trop mal pour chanter. Ma chair brûle dans l'air d'un printemps mourant. Le gâteau est tristement amer, noyé de cire. A me noyer dans trop de pensées je ne sais plus rimer. Où m'arrimer pour respirer ?

Quand on se débat on s'étouffe. J'abandonne et soudain je me souviens : je flotte. Je me fous à l'eau, la tête plombée.

Soufflez bien fort sur la bougie et le vœux s'accomplit. Celui du silence, en tout cas.

Un joyeux non-anniversaire. A moi !

Publié dans En ébullition

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De l'eau dans la vapeur

Publié le par Lettres à l'amer

Deux mains se tendent l'une vers l'autre, s'effleurent à peine, et nous voilà déjà deux, seuls en piste. Tu es là, pétillante, ton être si près du mien, dont je ne sais que faire. Je porte craintes et envie autour du cou, étaux d'une douce appréhension, celle qui sait déjà que tout ira bien.

Je resserre mon étreinte sur toi qui es si souple et assurée, acérée, une créature fougueuse qui sait sa poésie comme son danger. La gêne forme une épaisse fumée ; je connais cette tête qui hoche et le balancement de ce corps fin, mais dans la fraicheur de ce soir je te découvre toute autre, comme pour la première fois.

Un pauvre tour, premier pas timide des amants inexpérimentés. Déjà autour, le monde s'efface. Un encouragement flotte jusqu'à nous, et surtout jusqu'à moi, car tu vibres d'impatience, tu m'entraines, confiante, dans cette danse où tu es reine. Le souffle de ta voix nous entoure et me caresse ; un voile de feu est jeté.

Un lien frais et brûlant se tisse pas à pas, vacillant et déjà si chaleureux. On ose à la fois tout et si peu. Au creux de cette bulle enflammée mon univers se vaporise, s'élève, se condense et retourne à l'onde, dans un cycle délicieusement infernal.

L'instant meurt comme toujours, mais demeure tout le jour. Pour l'heure je retourne à mes songes, mais j'affirme sans mensonge que j'attends notre prochaine rencontre, peurs défaites et peau cachée.

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En brouille

Publié le par Lettres à l'amer

Sous moi, il y a l'eau noire. Au dessus, un bête bouchon de liège. Autour, ces jolies parois de verre, et puis au delà, la brume. Je fixe bêtement le brouillard environnant, et je ne peux qu'en conclure que le monde n'existe plus.

On m'a toujours dit que j'avais la tête dans les nuages, mais c'est en cessant de rêver que c'est arrivé. Passer d'un matelas vaporeux à un autre m'embrouille ; je ne sais même pas si je suis tombée de haut. Je n'ai pas toutes les cartes en main pour planifier le ciel.

L'horizon a disparu au profit d'un immense espace blanc. Un espace vierge. Je devrais me saisir d'un crayon pour dessiner un monde neuf, remplir cette toile vide, mais j'ai peur de la gâcher. Les possibilités sont innombrables, elles envahissent mon espace : je me noie dans un verre d'eau, celui là même que j'avais choisi pour bateau de sauvetage.

Pour dégager la vue, je dois suspendre mes doutes. Au moins, la logique ironique du monde n'a pas foutu le camp avec lui (peut être que tout n'est pas si perdu que ça). Il ne me reste plus qu'à prendre mon courage et mes rames à deux mains, pour me battre contre cet ennemi immobile et intangible - drôlement dur.

Publié dans En ébullition

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