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Ferrer le poisson

Publié le par Lettres à l'amer

D'autres disaient que tu faisais bassement la cour à un oiseau de malheur. Clouée au sol, j'ai pris les transports en commun. Le hasard est mécanique sur ce chemin de fer, il est en route, il file droit sans nous prêter réellement attention. Les portes s'ouvrent sans s'inquiéter de ce qui pourrait se jouer sous leurs yeux vides.

Une curieuse créature partage cet aquarium à vapeur. L'instant où la sirène hurle, j'ignore tout de la façon dont on va s'en sortir sans eau, je crains même le prédateur potentiel. Pourtant, quand je regarde dans la vitre, je vois dans le reflet cet inconnu scrutateur. Découverte surprenante ; je gratte encore le verre pour démonter ce tour.

De la méfiance aux regards complices, il n'aura fallu que quelques kilomètres. Pourtant dans tout cet air, je suffoque. Tu me gonfles, jusqu'à ce que j'éclate. Tu me fous en l'air, alors je saute presque en marche pour rejoindre mon verre d'eau, frontière rassurante.

J'ai fait le tour de la question et de mon bocal. Et me revoilà sur ta ligne, fraiche et neuve. J'ai une bouteille pour le chemin, et je m'habitue au vacarme et à la vitesse de ta route. Un pont sur l'eau : voie ferrée, voie maritime ; finalement tout s'accorde, l'inconnu est devenu une indispensable présence, et la route s'offre sans trop hésiter.

Et si le train s'arrête, nous profiterons d'un plongeon monumental et inexorable, ailés sans savoir voler. Tout baigne.

Publié dans Portraits liquides

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