De l'eau dans la vapeur

Publié le par Lettres à l'amer

Deux mains se tendent l'une vers l'autre, s'effleurent à peine, et nous voilà déjà deux, seuls en piste. Tu es là, pétillante, ton être si près du mien, dont je ne sais que faire. Je porte craintes et envie autour du cou, étaux d'une douce appréhension, celle qui sait déjà que tout ira bien.

Je resserre mon étreinte sur toi qui es si souple et assurée, acérée, une créature fougueuse qui sait sa poésie comme son danger. La gêne forme une épaisse fumée ; je connais cette tête qui hoche et le balancement de ce corps fin, mais dans la fraicheur de ce soir je te découvre toute autre, comme pour la première fois.

Un pauvre tour, premier pas timide des amants inexpérimentés. Déjà autour, le monde s'efface. Un encouragement flotte jusqu'à nous, et surtout jusqu'à moi, car tu vibres d'impatience, tu m'entraines, confiante, dans cette danse où tu es reine. Le souffle de ta voix nous entoure et me caresse ; un voile de feu est jeté.

Un lien frais et brûlant se tisse pas à pas, vacillant et déjà si chaleureux. On ose à la fois tout et si peu. Au creux de cette bulle enflammée mon univers se vaporise, s'élève, se condense et retourne à l'onde, dans un cycle délicieusement infernal.

L'instant meurt comme toujours, mais demeure tout le jour. Pour l'heure je retourne à mes songes, mais j'affirme sans mensonge que j'attends notre prochaine rencontre, peurs défaites et peau cachée.

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