Nation trépas

Publié le par Lettres à l'amer

Faut-il percer des crânes pour ouvrir les esprits ? Une fracture ouverte pour que vos pauvres cervelles moroses goûtent à l'air libre. Ces entraves déchainent ma frustration. Je pète les plombs au lieu de vous les mettre dans la tête. Leur poids dans mon moral m'entraine vers le fond.

Je plonge dans un océan de solitude plutôt que de danser dans ce que vous prenez pour un feu de joie. Je veux éteindre ces flammes qui brûlent mes entrailles et le monde autour de moi. Elles lèchent vos visages, crépitent, claquent comme vos langues acérées, acerbes. Vos paroles mordent la chair et déchirent les vies avant même qu'elles commencent, vous perpé-tuez une dictature qui vous enserre.

La langue bien pendue pour ces humains qu'on exclut. Je veux la tirer pour décrocher ces kilos de peines qu'elle crache. Vos baisers ont un goût amer, à me donner le mal de la mer. Le sang coule rouge et je m'embourbe dans cette marée de pensées noires.

Du fond des abysses et de mes pensées, je souffle une nuée de bulles. J'aimerais qu'elles éclatent à la surface pour faire sauter les liens qui nous empêchent d'être, libres et heureux. Mais d'ici je ne peux voir qu'un vague remous. On ne peut ni me voir, ni m'entendre, quand bien même je flotterais à la surface, petit être solitaire dans une bouteille en verre.

Publié dans Dans le bain

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