En brouille

Publié le par Lettres à l'amer

Sous moi, il y a l'eau noire. Au dessus, un bête bouchon de liège. Autour, ces jolies parois de verre, et puis au delà, la brume. Je fixe bêtement le brouillard environnant, et je ne peux qu'en conclure que le monde n'existe plus.

On m'a toujours dit que j'avais la tête dans les nuages, mais c'est en cessant de rêver que c'est arrivé. Passer d'un matelas vaporeux à un autre m'embrouille ; je ne sais même pas si je suis tombée de haut. Je n'ai pas toutes les cartes en main pour planifier le ciel.

L'horizon a disparu au profit d'un immense espace blanc. Un espace vierge. Je devrais me saisir d'un crayon pour dessiner un monde neuf, remplir cette toile vide, mais j'ai peur de la gâcher. Les possibilités sont innombrables, elles envahissent mon espace : je me noie dans un verre d'eau, celui là même que j'avais choisi pour bateau de sauvetage.

Pour dégager la vue, je dois suspendre mes doutes. Au moins, la logique ironique du monde n'a pas foutu le camp avec lui (peut être que tout n'est pas si perdu que ça). Il ne me reste plus qu'à prendre mon courage et mes rames à deux mains, pour me battre contre cet ennemi immobile et intangible - drôlement dur.

Publié dans En ébullition

Commenter cet article