(Entrée) Terre-mer à boire

Publié le par Lettres à l'amer

Il fallait bien commencer quelque part, alors j'ai choisi ce début ci. Un choix arbitraire. L'un comme l'autre sont abruptes et soudains, un peu comme le bord d'une falaise. La chute pourrait bien être longue, mais le plus ennuyeux dans cette histoire, c'est encore de remettre les pieds sur Terre.

Les mots s'alignent sans fin et sans but, ce qui est globalement la même chose, à bien y regarder. Ils s'alignent, c'est tout. Je froisse une feuille, et je la presse si fort que j'en tire de l'essence de papier et des larmes d'encre. Drôle de boisson que voilà.

Elle a roulé un moment avec sa bulle en verre. C'est un spectacle étrange que de voir ce récipient rebondir sur des bosses, peiner dans la boue ou crisser contre le gravier. Et surtout, suivre tous ces tours vous file un sacré mal de mer. Les gens qui sont loin de chez eux ont le mal du pays ; une bête association d'idées m'a amené à penser qu'il était peut être temps de me jeter à l'eau. A défaut de posséder des branchies, je peux toujours me débarrasser de l'objet qui m'encombre, comme d'autres de mon espèce avant moi.

Elle n'est destinée à personne en particulier. C'est une bouteille à l'amer dont l'étiquette dit "Buvez moi". Peut être qu'il faudrait y apporter plus de précision. Et bien soit, je peux tenter de rédiger la notice qui devrait accompagner ce flacon, et puis le remplir, en passant. A cette heure je me demande si ça prendra du temps, et s'il faudra encore faire beaucoup d'essai pour savoir si cette substance est ne serait-ce que potable, sinon bénéfique.

L'avenir le dira peut être, s'il en a le temps. Ou qu'il le prend.

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